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harcèlement sexuel : en route vers le chaos

La vague des scandales sélectionnés par les médias dans une société qui promeut l’éducation sexuelle dès la maternelle, le commerce de la pornographie audiovisuelle et où les campagnes pour l’infidélité conjugale s’affichent sur les bus ou dans le métro est révélatrice d’un mal profond. Faute de combattre les causes de la dissolution des moeurs, on génère un chaos social sur fond de délation généralisée.

 

 


 

Harcèlement sexuel : en route vers le chaos

par Joël Hautebert

Le harcèlement sexuel enflamme médias et réseaux sociaux. Pas une journée ne s’écoule sans son lot de scandales, de révélations, d’annonces de procédure judiciaire, d’aveux et d’interventions d’experts et de militants déblatérant sur le sujet. Le monde du cinéma fournit les cibles privilégiées, en la personne du réalisateur américain Harvey Weinstein et de l’acteur Kevin Spacey. Également visé, Tariq Ramadan voit sa cote de crédibilité durement affectée.

Au-delà du harcèlement sexuel proprement dit, toutes les affaires de moeurs ne bénéficient pas de la même couverture médiatique. Les médias nationaux maintiennent une omerta totale sur les graves accusations d’esclavage sexuel concernant Pierre Bergé récemment décédé, icône de la gauche branchée et encore récemment président du conseil de surveillance du groupe Le Monde ainsi que de Sidaction. N’exagérons pas tout de même, on ne peut livrer tout le monde à la curée.

Ce déferlement médiatique révèle les profondes contradictions auxquelles conduit inexorablement une société en manque cruel de repères et de sens commun. [NDLR : anomie]

Il donne raison à Bossuet dénonçant ceux qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes. Ainsi, sur une même page web d’information, des articles relatifs au harcèlement sexuel dont on accuse telle personnalité cohabitent avec d’autres évoquant les péripéties « amoureuses » multiples d’un acteur ou d’un sportif, sans omettre les informations sur les meilleurs moyens de réaliser sa vie sentimentale et sexuelle. Les devantures des marchands de journaux abondent de couvertures de presse proposées aux chalands affichant tout et son contraire, de la pornographie aux grands titres sur le harcèlement sexuel ou la pédophilie. Faisons sauter les interdits moraux ! Plus de tabous sexuels, émancipons-nous de toutes règles mais crions au scandale contre le harcèlement sexuel, comme si ce dernier ne résultait pas, au moins en partie, de l’effondrement de toutes les barrières vertueuses susceptibles de contenir des pulsions de plus en plus difficiles à contrôler.

Allez comprendre… Une contradiction de plus dans un monde qui n’en manque pas. Les trisomiques bénéficient des honneurs médiatiques alors que la loi légitime un génocide à leur égard. Les enfants conçus non encore nés peuvent hériter de leurs parents tandis que plus de deux cent mille par an n’ont pas droit à la vie en France. La liste des contradictions de notre temps s’allonge.

Dans ce contexte, la publicisation de travers manifestes permet l’expression inattendue d’arguments de poids. Ainsi, sur France info, une psychologue interrogée sur le comportement des jeunes garçons à l’égard des filles dans les cours d’école évoque les troubles psychologiques qui affectent les jeunes qui s’adonnent à des rapports sexuels précoces ! Jamais un tel discours n’aurait été admis à la radio s’il s’était agi de promouvoir la chasteté ou le lien naturel entre sexualité et procréation. Sans doute cette psychologue n’y pensait-elle même pas !

Vers le chaos social

Toutefois, à y regarder de plus près, les éléments positifs qui émergent ici et là de l’extrême médiatisation des affaires de harcèlement sexuel ne pèsent pas bien lourd face aux éléments négatifs. En effet, derrière l’objet même de ces affaires, souvent réellement scabreuses, se profilent des mécanismes sociaux qui se mettent progressivement en place dans une société déboussolée, dominée par l’idéologie déconstructiviste. Dans cette perspective, ces affaires constituent un excellent baromètre de l’état actuel de la société et un fléchage de la direction qu’elle emprunte.

Dans le contexte actuel, la publicisation massive de l’incrimination pour harcèlement sexuel nous conduit à marche forcée vers le chaos social. Faute de fondements moraux solides et appuyées sur la seule question du consentement des personnes, les poursuites pour harcèlement sexuel vont se multiplier pour des faits d’importance et de degrés divers, mêlant le vrai et le faux, le scandaleux et le léger, la pornographie et la séduction, les pressions et le chantage, la sexualité débridée et les rapports conjugaux.

Les déboires d’un couple seront livrés sur la place publique à côté des affaires de viols en bande ou d’esclavage sexuel. L’émergence médiatique de ces affaires s’inscrit aussi dans la perspective révolutionnaire de la politisation du sexe, c’est-à-dire de la guerre des sexes, point d’ancrage de l’idéologie du Genre, transformant tout rapport sexuel en objet de pouvoir et de domination. Logiquement, les hommes seront plus souvent visés puisque les femmes bénéficient du statut de victimes. Le harcèlement sexuel sera une arme supplémentaire de dévirilisation de la société.

Ces affaires s’inscrivent encore dans le mouvement de judiciarisation de notre société des droits. Le recours massif aux tribunaux pour défendre «ses droits» accentue la défiance mutuelle et génère un climat de suspicion généralisée. Mon prochain le plus proche, celui que je côtoie dans ma famille, mon travail et mes relations amicales devient l’adversaire, celui dont je dois me défier en premier lieu. Au sein des couples en difficulté, la menace de plainte pour harcèlement sexuel va devenir une arme de dissolution de premier choix. Le droit à, assimilé à la revendication du désir, conduit aussi bien à la reconnaissance d’une sexualité débridée qu’à la volonté immodérée de poursuivre l’ancien ou l’actuel «partenaire». Rien n’empêche que le lien conjugal ne devienne l’un des lieux prioritaires d’exercice des poursuites pénales, transformant le mariage et donc la famille en victime principale de l’incrimination pour harcèlement. Pour les féministes radicales, le lien du mariage constitue le pire des esclavages pour les femmes, placées de manière durable sous l’emprise de la domination sexuelle masculine. Pour tirer profit de la médiatisation d’abus incontestables et inacceptables, il convient de les situer dans une perspective cohérente en dénonçant les causes profondes du mal dénoncé.

De son côté, la bien-pensance nous pousse vers la guerre de tous contre tous.

La déliaison sociale poussée jusqu’à la révélation des secrets d’alcôve de tout un chacun semble la direction empruntée, une étape supplémentaire vers le chaos social conforme au nihilisme contemporain. Avec la non-discrimination, l’homophobie, la transphobie, et d’autres phobies à venir, nos sociétés occidentales risquent de s’enfoncer dans un univers mental de délation généralisée.

source : l'Homme Nouveau, édition du 25 novembre 2017

 

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